lundi 20 mai 2019

Le 26 mai, choisissons le bon côté, pour l'Union Européenne !

Comme ils sont patriotes, ces national-populistes qui martèlent que la France peut être forte à elle-seule, mais qui dès lors qu'il s'agit de financer leurs campagne dépendent des oligarques liés à Poutine, et qui en appellent à Steve Bannon, ex-conseiller spécial de Trump, pour organiser leur essor !

Longtemps les États Unis furent les alliés de l'Union Européenne. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, c'était : je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément .... et badaboum ! Trump est arrivé et aujourd'hui c'est : PAS DU TOUT ! Sacré Trump qui fut porté au pouvoir par les théo-conservateurs dont l'un des principaux combats est l'interdiction de l'avortement. Tout un symbole. Mais revenons aux relations Trump - Union Européenne et à son ex-conseiller stratégique Bannon qui a posé ses valises à l'hôtel Bristol à Paris.
En juillet 2018, Donald Trump arrive en Europe pour le sommet de l'OTAN. Jamais un président américain n'avait fait en Europe des déclarations aussi hostiles à l'Union Européenne. Pour résumer, il souhaite un affaiblissement de l'UE, prône une sortie "dure" du Royaume Uni de l'UE, soutient une UE fragmentée et une baisse des financements américains de l'OTAN.
Pour le "Brexit dur" ce n'est pas gagné vu le bourbier dans lequel est plongé le Roaume Uni depuis le référendum de 2016, référendum controversé du fait de manipulations de l'opinion par la propagation de "fake news*".
Pour ce qui est de la fragmentation de l'Europe, Steeve Bannon s'en occupe en conseillant et influençant tous les mouvements populistes en Europe. "Booster la révolte populiste et décrocher 30% des sièges au Parlement Européen", disait-il en 2018. Logique car 30% signifie avoir une minorité de blocage qui peut paralyser l'Europe. A Paris ce matin, il déclarait souhaiter que l'Euroep devienne populiste et qu'il serait très heureux de la victoire de Salvini, Orban, et de Le Pen. Ce matin encore, Marine Le pen interrogée sur les liens RN-Bannon déclarait qu'elle n'était pas au courant de sa venue à Partis, alors qu'un journaliste avait reconnu des leaders du RN dans l'hôtel où Bannon a élu domicile.

Autre puissance, autres mœurs :
La Russie de Poutine, sous régime autoritaire dans lequel prospère la mafia mais pas les libertés collectives ou individuelles, s'accomode mal, vu son désir d'hégémonie sur les anciens satellites de l'URSS, d'une Europe souveraine à ses frontières.
L'annexion de la Crimée et les scandales révélés en Autriche cette semaine en sont des illustrations. Pour l'Autriche, pays de l'UE, les révélations concernent la probable intelligence du ministre de l'intérieur (FPÖ**) avec les services russes, ainsi que la corruption probable du vice-chancelier Strache (FPÖ). Ces scandales ont mené à l'explosion de la coalition gouvernementale droite-extrême droite, et à la décisions d'élections législatives anticipées.
Comme elle est belle cette extrême droite national-populiste, qui se déclare souveraine et propre, mais qui est à même d'aller chercher des financements en Russie avec contreparties politiques ! Et que penser des emprunts russes du Front National ? Ils sont l'une des facettes de cette stratégie d'alliances délétères avec la Russie de Poutine.

D'un côté dépendre de la strétégie américaine, de l'autre côté dépendre des financements russes, c'est un peu "pile tu gagnes, face je perds". Mais nous ne sommes pas dupes et savons qu'un même objectif anime ces deux puissances : affaiblir l'Union Européenne etn la fragmentant pour asseoir soit l'hégémonie américaine de Trump, soit l'hégémonie russe de Poutine, tans sur le champ économique, écologique, ou militaire. Croire que la France à elle-seule, ou n'importe quel autre pays européen jouant la carte du repli identitaire et isolationniste, puisse peser dans des négociations face aux géants américain, russe ou chinois est absurde.
Penser que les erreurs et dysfonctionnements de l’Union Européenne justifient de la fragmenter en une alliance de petits pays, plutôt qu'essayer d'en améliorer le fonctionnement et les orientations, c'est oublier l'une de ses plus grandes réussites : avoir permis à trois générations de vivre en paix à l'intérieur des frontières de l'UE.

C'est dans ce contexte géopolitique que se jouent les élections européennes. Pour y faire face, la priorités des priorités est de ne pas laisser passer en tête le Rassemblement National de Marine Le Pen et de renforcer le camp de la souveraineté européenne pour peser dans toute négociation avec face aux USA, à la Russie et à la Chine.
Le 26 mai, chaque voix comptera car il n'y a qu'un seul tour et nous savons que l'abstention favorise les extrêmes.
Pour ma part, je voterai pour la liste Renaissance, seule liste en capacité de devancer le Rassemblement National en France. D'ores et déjà, de nombreuses personnalités européennes soutiennent la stratégie du Président Macron de construction d'alliances autour de projets et d'organisation d'un groupe politique rassemblant les progressistes au sein du futur Parlement Européen.

Ne rejouons pas 2014, élection où la liste Front National est arrivée en tête et a fait élire des député.es qui ont battu tous les records d'absentéisme, voté contre toute avancée des droits humains en Europe dont notamment ceux des droits des femmes, et qui traînent des casseroles concernant leur probité.

Il est temps de sortir l'Europe de son immobilisme et de renforcer une Union Européenne de progrès !

*fake news : informations truquées propagées par les médias et réseaux sociaux
**FPÖ : parti d'extrême droite en Autriche



lundi 19 novembre 2018

#GiletsJaunes ou corps intermédiaires, il faut choisir !

Un vrai défi que ce mouvement des gilets jaunes, qui me laisse perplexe voire inquiète. Or s'il est encore difficile d'en dresser un bilan complet, il est nécessaire d'avancer des éléments d’analyse, pour comprendre et éviter le pire.


Perplexe face au dysfonctionnement de notre démocratie où les réseaux sociaux remplacent peu à peu des corps intermédiaires ( syndicats, partis politiques, ONG, associations ...) qui, il y a encore peu de temps, permettaient de trouver des portes de sortie aux conflits.



Depuis des années, partis et syndicats ont perdu de leurs influences, empêtrés dans des luttes internes de pouvoir, parfois confrontés à des scandales financiers, et souvent soumis au clientélisme. Quant aux grandes associations et ONG, on se demande parfois si leur objectif principal n'est pas de faire prospérer leurs associations en captant dons et subventions, au détriment des objets mêmes de leurs associations. Le peu d'engouement que suscitent aujourd'hui ces corps intermédiaires en terme de nombre de militant.es montre le rejet de ces pratiques.
Or, si ces corps intermédiaires ont perdu de leur représentativité/légitimité, force est de constater que leur évitement par les gouvernements successifs ne permet pas d'éviter les colères, les débordements de violences, les révoltes plus ou moins spontanées qui ont vite fait d'être relayées par des réseaux sociaux prompts à diffuser largement "fake news" et "intox" en tout genre.
Quant au rôle des médias qui nous la jouent porte-voix de l'expression populaire du mécontentement, force est de constater que nous assistons à une dérive stupéfiante : l'impression que des journalistes tentent de créer de l'événement plutôt que permettre des analyse distanciées qui prêtent à réfléchir.

Mais ne nous y trompons pas, le mouvement des gilets jaunes représente bien une expression populaire d'un réel mécontentement des classes moyennes inférieures, voire d'un rejet du gouvernement. Or, faute d'être encadré par des corps intermédiaires aguerris, le bilan humain est lourd : 1 morte, 400 blessé.es - ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres dans une manifestation !

Tout aussi inquiétant pour l'avenir sont les alliances entre les extrêmes sur le terrain qui l'air de rien, amènent à accepter l'inacceptable : racisme, antisémitisme, sexisme, homophobie, violences. Comment se fait-il que des partis politiques ayant des intérêts aussi divergents, tels le RN contre les impôts et la FI pour la sortie du tout carbone, puissent s'agglomérer dans une révolte commune contre le prix de l'essence ?

Va-t-on assister à la course à la récupération politique de leaders comme Jacline Mouraud à qui les médias puis les réseaux sociaux ont forgé une légitimité médiatique ?

La légitimité médiatique et celle des réseaux sociaux vont-elles remplacer celle des corps intermédiaires ? Je ne le souhaite pas car la démocratie en pâtirait.

Une démocratie apaisée a besoin de corps intermédiaires représentatifs pour faire le lien entre les individus et le gouvernement. Le gouvernement a besoin de corps intermédiaires représentatifs pour prendre les bonnes décisions dans l'intérêt général. Faute de quoi, les mouvements de révolte incontrôlés et incontrôlables risquent de pourrir le climat social de notre pays.
 

lundi 5 novembre 2018

Ballerines et sparadraps

Il y a quelques mois, Rokhaya Diallo, a fait pleurer dans les chaumières, sur le sort des personnes noires qui n'auraient selon elle, jamais eu accès à des sparadraps invisibles, preuve irréfutable du racisme ambiant !









Bien que ces sparadraps existent depuis des décennies, ce "sparadrapgate" a tout de même fait le buzz, notamment chez nos ami.es adeptes du racialisme, du différentialisme, de l'indigénisme et autres idéologies à 2 balles qui font le régal de quelques sociologues "OuinOuin" adeptes de l'auto-flagellation : je suis mâle, blanc, donc raciste.

Aujourd'hui, toujours plus haut et plus fort, Mme Diallo, a franchi une étape sur tweeter : après le "sparadrapgate", on a droit aux lamentations concernant les ballerines de danse.

Bon, va quand même falloir lui dire que même si des sornettes sont écrites sur le New York Times, cette histoire de couleurs de ballerines est bidon.

Mais si, Mme Diallo, des ballerines de toutes couleurs sont en vente depuis des décennies chez Repetto, vous savez le spécialiste des costumes de danse.

Moi-même, qui ne suis pas rose, j'ai porté des ballerines roses ! Mais oui, mais oui ! J'ai même porté des ballerines noires. Sacrilège ! Appropriation culturelle !

Bon, je me moque, mais si on pousse le bouchon un peu plus loin, c'est : à chaque couleur de peau une couleur de ballerine ? vous n'en conviendrez peut-être pas, mais laissez-moi penser que c'est absurde. Et que fera-t-on des ballerines rouges ? 

Allez, j'arrête là avec les couleurs. En fait, on s'en fiche des couleurs des ballerines, et rigoler des pleurnicheries surfaites de Mme Diallo ne signifie pas accepter le racisme.
Je voulais simplement dire que les entreprises "racialistes" et différentialistes ont l'habitude de faire du business en se parant des habits de l’antiracisme. Qu'elles fassent des bénéfices, pas de problème. Mais pas au nom de l'antiracisme, ou de l'antilibéralisme !