mardi 19 juillet 2016

Fraternité républicaine, laïcité, démocratie.

En ce jour où une fois de plus, nous essayons de panser nos plaies, je vous livre le discours que j'ai fait dans le cadre de l'assemblée nationale de la Belle Alliance Populaire, ce samedi 2 juillet, au gymnase Jappy, 75011.

" Notre République laïque est certes imparfaite, mais elle est indéniablement porteuse de formidables idéaux. La liberté et l’égalité nous amènent à penser en termes de principes et de droit. La fraternité, elle, relève plutôt de la morale, et  parfois rassemble dans des combats communs. Elle  implique la ressemblance, l’appartenance au genre humain, à l’heure où le communautarisme vante les différences.

Quant aux crispations identitaires, quels en sont les ressorts ? 
1- Les crises.
2- La montée des intégrismes religieux et de l’islam politique dans le monde et en France.
3- Les idéologies racistes instrumentalisées par une partie de la droite et l’extrême droite.
4- Un courant des sciences humaines appelé "courant post-colonial" qui influence une partie de la gauche.

Or, sous couvert de convergences des luttes, cette partie de la  gauche s’allie et s’affiche avec des représentants de l’islam politique pour mettre à mal la laïcité et les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, avec ces mêmes représentants qui ont fustigé le mariage homosexuel et réclament des droits différents pour les hommes et les femmes.  
Ensemble, ils essentialisent les religions, les communautés, les cultures, ethnicisent les débats, cherchent à nous  diviser entre ceux qu’ils appellent les blancs et celles et ceux issus des ex colonies. Ensemble ils assimilent toute critique du salafisme à une forme de racisme. 
Mais avoir des droits différents selon nos origines n’est-ce pas là une forme de racisme ?

Pour moi qui viens du champ  féministe, je peux témoigner combien l’essentialisation des femmes, en les renvoyant à des injonctions culturelles ou religieuses archaïques, est un frein au progrès et à l’opposé de notre devise républicaine. 
Depuis des années, ce courant essentialiste martèle que le colonialisme surdétermine notre société, et il clame sa haine de la laïcité et des valeurs républicaines. Comme si le patriarcat n’était pas antérieur à la colonisation !  Comme si nous n’avions pas conscience qu’il existe des injustices, du sexisme, des discriminations, et même du racisme et que cela est l’affaire de tous !

Alors comment convaincre les déçu.e.s de la République, celles et ceux qui sont trompés par les discours populistes, et les abstentionnistes ?

Les crispations identitaires ont été renforcées par le déni de réalité, par les reculs, par les compromis et parfois les alliances que certain.e.s élu.e.s ont passés avec les intégristes qui en sortent légitimés et renforcés.

Ne nous y trompons pas : l'inversion de la courbe du chômage ne suffira pas. Les prochaines élcetions se feront sur ces thématiques. Il est temps de rassembler le plus largement possible, autour des vlaeurs de notre République laïque. C'est le sens de ma présence ici."

PS : je remercie le Front Démocrate Écologiste et Social qui m'a mandatée pour intervenir en son nom sur la laïcité.

lundi 18 avril 2016

Nuit Debout : des clarifications camarades ?

Difficile de se faire une idée à travers les médias.

Dans un contexte d'exaspération politique, il est stupéfiant que certains médias rivalisent de médiocrité en tendant leurs micros à des personnes présentées comme a-politiques et non affiliées à un parti : lorsque ces mêmes personnes se révèlent être des militant.e.s politiques sur les réseaux sociaux, la nausée n'est pas loin.
Incompétence de journaliste ou manipulation de l'information ?
Un cas d'école que celui de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2, le 21 janvier dernier.
Une jeune femme, Wiam Berhouma, professeure dans un établissement public de banlieue, mais présentée comme "enseignante musulmane non affiliée à un parti politique", avait intimé l'ordre à Alain Finkielkraut de se taire. Or, un tour sur internet permettait aisément d'apprendre qu'elle était liée au PIR, Parti des Indigènes de la République, qui n'a de cesse de clamer sa haine de la République française et de la laîcité. Un groupuscule d'activistes qui s'est fait fort de reprendre le fameux tweet de Tarik Ramadan : #pasCharlie mais #perquisitionnable. Son égérie a publié un livre " Les blancs, les juifs et nous" ... tout un programme !
Le 15 avril, le CSA a épinglé France 2. Bien, sauf que le mal était fait.

Mais revenons à cette "Nuit Debout" qui nous interpelle.

 

Nuit Debout ou l'utopie irréaliste ?

On aimerait croire qu'un mouvement peut apporter un peu de fraicheur et d'utopie dans la morosité ambiante. D'autant que nombre de jeunes y participent et y font leurs premiers pas en politique.
Malheureusement, de même que les manipulations de l'opinion font rage dans les médias, elles sont aussi à l’œuvre, en interne à "Nuit Debout", place de la République à Paris. Nul doute que celà varie selon les nuits, et l'heure de la nuit. Pourtant les incidents se multiplient et c'est inquiétant.

Je passe sur les quelques dizaines de casseurs expérimentés qui tentent de faire basculer ce mouvement qui se dit non-violent ... même si revient régulièrement dans les AG l'expression : " c'est le capitalisme qui est violent", relativisant ainsi les violences dont on attend toujours qu'elles soient fermement condamnées.

Ce qui m'intrigue dans ce mouvement à première vue utopiste et anti-organisationnel, c'est le peu de clarté vis à vis des nébuleuses proches de Dieudonné qui propagent théories du complot, racisme et antisémitisme. Leurs militant.e.s semblent à l'aise place de la République. Malaise !

Quant l'utopie anti-organisationnelle permet la toute-puissance de militants organisés

Ce dimanche, les réseaux sociaux crépitent à propos de l'éviction d'Alain Finkielkraut de la place de la République. Le Parisien publie un article en ligne, illustré par une video intitulée : "le philosophe Alain Finkielkraut pris à partie samedi soir place de la République. Sadia Diawara/Facebook". Là encore, il suffit d'un petit tour sur internet pour apprendre qui est ce monsieur Diawara : un réalisateur lié au PIR ... qui a participé au jury du pris des "Y'a bon awards" créé par l'association Les Indivisibles, connue pour son combat contre la loi de 2004 sur les signes ostentatoires à l'école publique.

A l'heure où grandit la désillusion vis-à-vis des partis politiques, où l'abstention est massive et où le vote FN met en danger nos libertés, l'aspiration à plus d'éthique et de démocratie ne peut qu'attirer la sympathie. Mais croire que quelques milliers de personnes "inorganisées" et novices en politique, pourront mettre en échec les stratégies de groupuscules extrémistes organisés qui ont des pratiques aguerries de propagande et d'infoltration est un leurre. L'expulsion d'Alain Finkielkraut de la place de la République en est la preuve.

La toute-puissance de quelques militant.e.s politiques fait-elle loi ?
Le débat d'idées, "forcément démocratique", est-il à géométrie variable ?
Qui décide du cadre de la liberté d'expression et d'accès à la place de la République ?

Il est urgent que les "nuitdeboutistes" clarifient les bases du mouvement, au risque de nourrir les désillusions et d'offrir aux extrémistes le boulevard qu'ils ont déjà commencé à occuper.

Le monde meilleur ne se fera pas avec les groupuscules racistes et antisémites et leurs alliés !

ps : cliquer sur les liens en bleu pour accéder aux articles afférents.

vendredi 1 avril 2016

Dessinez, créez, liberté : la mairie du 20ème est Charlie

Après les attentats de janvier, des milliers de dessins d'enfants sont parvenus à Charlie Hebdo.
Il était du rôle des adultes, aussi meurtris soient-ils, de donner de l'espoir en notre République. C'est ce qu'a entrepris l'association "Dessinez, Créez, liberté", en mettant en place une exposition de ces dessins. L'occasion de faire réfléchir sur la liberté d'expression et les valeurs de notre République et d'y associer les enfants des écoles.


Dessinez, Créez, Liberté : un clip pour la... par culture-gouv





Et comme la maire du 20ème ardt de Paris, Frédérique Calandra, n'est jamais en reste pour défendre la République et la laïcité, il était tout naturel d'associer les enfants des écoles du 20ème à cette réflexion.





Ce jeudi 31 mars, fut l'occasion d'inaugurer le lancement national de cette exposition itinérante.
Plaisir d'entendre rires et cris d'enfants dans la mairie.
Joie et émotion de retrouver l'équipe de Charlie et mes ami-es laïques dans des circonstances plutôt heureuses.
J'en aurais presque oublié les attaques que subissent régulièrement les défenseurs de la laïcité !
Mais ça, c'est une autre histoire. Et je préfère rester sur cette image.