Après les alertes des journaux et des réseaux sociaux, je me suis rendue en métro à La Chapelle, ce samedi après-midi, vers 14heures. La campagne électorale battant son plein, mieux vaut se faire une idée par soi-même plutôt qu'être instrumentalisée, et même si la pétition de l'association de quartier me semblait crédible.
Bonne surprise dans le métro : des places assises de libres. Même pas bondé à Stalingrad. Ouf, parce que d’habitude, ça craint tellement nous sommes entassé.es. Stratégies d'évitement du corps des autres avec mon sac. Crainte des mecs qui vous collent.
Sortie de la rame : avec ma complice féministe, nous descendons les escaliers, et là, ça se gâte :
Elle est où la Ville Lumière ?
Sous le métro aérien, des grillages, restes de l'évacuation des campements de migrants/réfugiés qui ont rejoint, pour partie, le Centre de Premier Accueil (CPA) sis à Ivry-sur-Seine et déjà surbooké. Mais disons-le tout net : des grillages, pour empêcher l'installation de nouveaux campements, c'est glauque.
A peine sortie du métro, je suis interpellée par des trafiquants en tout genre, qui me tendent des cigarettes, montres et autres marchandises .... tombées du camion. Il faut traverser une haie d'hommes jeunes, regroupés sur le terre-plein, au regard à la fois fuyant et inquiet, mais qui vous regardent avec arrogance si vous vous arrêtez devant eux sans acheter leur marchandise. Malaise. Passez votre chemin. Ne dérangez pas notre business.
Personne dans le square. Il est fermé.
En traversant le boulevard, je croise deux jeunes femmes, tee-shirt et pantalon, cheveux au vent, suivies par un homme souriant, qui ne peut détacher son regard de leurs fesses.
Beaucoup d'hommes, debout en petits groupes, ou en terrasse de cafés, ou qui se promènent nonchalamment.
Et puis, des femmes principalement d'origine sub-sahariennes, hidjabs et jupes longues ou abayas, toutes de noires vêtues, entourées d'enfants, portant de lourd sacs ou poussant poussettes. Ces mêmes femmes qui, une décennie plus tôt, portaient fièrement boubous et décolletés. Impossible d'accrocher leurs regards. Elles tracent, comme si le monde autour d'elles n'existaient pas.
Nous prenons la rue adjacente pour arriver à la Halle Pajol. Un autre monde, une autre population. Je suis sidérée par le contraste.
Nous bifurquons rue Riquet. Quelques jeunes hommes "tiennent les murs".
Rue Max Dormoy, un homme, la cinquantaine, d’origine maghrébine, barbu, nous interpelle. Alors je me souviens de cette maman d’origine tunisienne, qui à mon cabinet, m'a raconté comment elle s'était faite agressée verbalement un soir dans la rue, en rentrant de son travail, par un barbu, parce qu'elle n'était pas voilée.
Nous hésitons puis continuons notre chemin.
Une femme en hidjab, assise par terre, mendie. A 2 mètres, un homme semble la surveiller.
Sur le trottoir en face, l'école publique. Le bâtiment nécessite un ravalement. Je me souviens de l'époque où j'étais institutrice, et où, lors de réunions syndicales, nous comparions la différence de moyens entre les écoles de certains quartiers. Je ne sais si ces disparités existent toujours, mais la façade de cette école n'est pas attractive. Un sentiment de laisser-aller.
Passer devant un immeuble démoli, voir sur le mur mitoyen ces immenses dessins, puis croiser des adolescentes portant hidjabs et jupes longues noires. Ils ont donc gagné dans ce quartier ?
Passerelle, au dessus de la voie ferrée : marché de la misère et petits trafics : femmes en hidjabs assises par terre, qui mendient ou vendent des habits, hommes qui vendent des objets ... tombés du camion.
A hauteur de La Chapelle, nous longeons les grillages sous le métro aérien : détritus, bouteilles cassées, urines
dégoulinantes à chaque poteau.
Retour vers le métro, croiser des femmes d'origine maghrébine en hijab et abaya noire. Impossible d'accrocher leur regard.
Elles sont enfermées dans leurs bulles noires.
Nous sommes transparentes, effacées, invisibles.
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lundi 22 mai 2017
dimanche 17 janvier 2016
Cologne : le terrorisme sexuel comme arme de guerre
A Cologne comme dans les pièces du théâtre classique, la règle des 3 unités a été respectée.
- Unité d'action : les agressions sexuelles de masse
- Unité de temps : la nuit du réveillon
- Unité de lieu : près de la gare
L’efficacité de la mise en scène est imparable.
Un scénario identique s'est déroulé en Suisse, en Autriche, en Finlande*.
Quel en est le sens politique ?
Si vous
préférez ne pas voir que l’intégrisme musulman est un phénomène mondial, ou si
vous pensez qu’il est déterminé par le capitalisme de l’occident, alors,
j’aurai du mal à vous convaincre.
La féministe
que je suis, qui se bat depuis des années contre les violences faites aux
femmes ne peut mettre sur le même plan les agressions sexuelles collectives de
Cologne et les viols et autres violences
sexuelles qui ponctuent la vie des femmes en Europe malgré les avancées
législatives pour les combattre.
Oui, l’ordre
moral patriarcal tend à restreindre la
place des femmes dans l’espace public.
Oui, il n’est pas inhabituel en France, d’assister à l’inversion
de la charge et de la culpabilité pour faire passer une victime de viol en
responsable du viol subi : jupe trop courte, lieu inapproprié pour une
femme.
Nous le
savons, les violeurs sont de toutes origines, de tous les milieux sociaux. Et
justement, c’est là que réside la différence avec Cologne.
Les agressions
sexuelles ont été le fait de centaines d’hommes, originaires de pays dits
islamiques, réfugiés ou en situation irrégulière. Le fait que l’on ait retrouvé
sur certains des formules de harcèlement sexiste traduits d’arabe en allemand
corrobore l’hypothèse de la préméditation. Ajouter à cela, le respect de la règle des 3 unités, une question se pose :
Qui a
déterminé la mise en scène ?
Une
génération spontanée de violeurs, née de la misère et de la frustration
sexuelle, se serait rassemblée en un même temps et en même lieu ?
Sérieux ?
Vous n’avez
pas entendu parler des videos d’imams salafistes ? Comment ne pas voir que
la propagande islamiste qui condamne les femmes à déserter l’espace public au
risque de viol, a été déterminante ?
La guerre
menée par les salafistes partout dans le monde**, et depuis quelques décennies en
Europe, revêt des costumes différents. Mais elle obéit à une même stratégie du
mouvement intégriste islamiste mondial.
Place Tahrir
au Caire, à Cologne, l’objectif est le même : interdire l’espace public aux
femmes par la terreur. C’est l’une des étapes indispensables à l’avènement de
cet ordre moral bâti sur le refus de l’égalité des droits entre les femmes et
les hommes.
Induire et
téléguider des agressions sexuelles massives est une des facettes du terrorisme
islamiste. Il vise à déstabiliser les démocraties.
Si vous
pensez que se réfugier dans le déni, faire des politiques électoralistes
communautaristes, brader les droits des femmes, permettra d’acheter la paix
sociale avec les islamistes, vous faites fausse route. L’objectif est
clair : le califat mondialisé.
Par contre,
si vous pensez que le discours de la maire de Cologne recommandant aux femmes
de se tenir à une distance d’un bras des hommes, est indigne et irresponsable
vu le contexte international, alors nous avancerons ensemble.
Le danger
pour les démocraties aujourd’hui ne se résume pas à l’avancée des islamistes.
Il vient aussi de l’extrême droite qui occupe l’espace vacant laissé par le
comportement de nombreux politiques. Déni et reculs sur nos valeurs alimentent
le racisme et le sexisme.
Il est grand
temps d’arrêter de rétropédaler sur la laïcité et sur l’égalité entre les hommes et
les femmes, qu’elles soient ou non issues de l’immigration.
Ne nous berçons pas
d’illusions : il ne peut y avoir de paix sociale avec les islamistes. La
guerre qui se joue sur le territoire français et européen est idéologique (port
du voile, créneaux non mixtes dans les piscines, séparatisme alimentaire dans
les cantines scolaires..). Elle prend aussi la forme du terrorisme (Toulouse,
Charlie Hebdo, Hypercacher, Saint Denis, Bataclan, terrasses de café…).
Nous en avons
découvert à Cologne, l’un de ses avatars : le terrorisme sexuel.
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