jeudi 17 décembre 2009

Centre IVG de Tenon... on continue !

18h30 entrée de la mairie du 20ème : une quarantaine de féministe sont réuni/es pour demander la ré-ouverture du centre IVG de Tenon. Il faut dire que nous avions bravé la tempête de neige ... C'est alors, qu'accompagnées à l'orgue de Barabarie par Henri, plus connu sous le nom de Riton la Manivelle nous avons chanté en coeur, sur l'air de " tout va très bien , Madame la marquise" : paroles adaptées par Anne

1
Allo Tenon, quelles nouvelles,

Paraît qu'vous faites . . plus d'IVG
Je suis enceinte .. de 8 semaines

Comment j'vais pouvoir avorter

Tout va très bien, calmez-vous ma p'tit'dame
Tout va très bien tout va très bien
Nous c'est fermé, mais il y a St Antoine
Vous les ap'lez ils sont pas loin
Not' directeur ... vous l'a bien dit
Paris c'est pas l'désert de Gobi
Uk n'ya vraiment ..pas de quoi faire un drame
Tout va très bien tout va très bien

2
Ho St Antoine, je vous appelle
Car j'ai besoin d'une IVG
Je suis enceinte ... de 9 semaines
A Tenon ils ont arrêté

Tout va très bien, madame pas de panique
Tout va très bien tout va très bien
Mais cependant, faut que je vous explique
On bute sur un tout petit rien
L'autorité ... a menacé
De fermer la maternité
Le directeur vraiment n'y est pour rien
J'vous conseille d'aller voir plus loin

3
Allo Trousseau, quelles nouvelles
j'espère qu'vous faites les IVG
Me vl'à enceinte ... de 10 semaines
Un rendez-vous faut me donner

Tout va très bien, à Trousseau faut le dire
On fait encore les IVG
Mais à 10 s'maines on peut pas vous inscrire
On est complèt'ment débordés
Même si c'était... pour accoucher
Y'a plus d'place en maternité
Il va falloir, j'en suis bien désolée
Trouver quelqu'chose à l'étranger

4
Allo les femmes, on se réveille
On est en train de perdre tout
Tous les acquis ... de la loi Veil
Il va falloir en mettre un coup

Oui c'est bien vrai, on se paye notre tête
Qu'est-ce-qui se passe dans les hostos
Tout l'monde debout, il faut que ça s'arrête
On n'a pas dit not'dernier mot !

Final ( plus lentement)
Faut qu'ils s'arrêtent - de tout brader
Tout c'qui concerne - notre santé
D'abord les centres - d'IVG
Et aussi - les maternités
On veut pas être - maltraitées
Au nom d'la - rentabilité

Si tous ensemble
On lutt'main dans la main
Tout ira bien, tout ira bien

mardi 15 décembre 2009

Lettre ouverte à Monsieur KAROUTCHI, président du groupe UMP au conseil régional Ile-de-France

Monsieur le Président,

Jeudi dernier j'ai failli m'étouffer pendant mon déjeûner en entendant vos propos concernant la composition des listes UMP pour les prochaines échéances électorales :

" Non aux listes ménopausées ! " disiez-vous

Je me précipite sur mon ordinateur et un rapide calcul m'amène à comprendre que vous avez 58 ans. Réfléchissant, je me dis qu'en tant qu'homme, vous n'êtes pas directement concerné par la ménopause et que vos propos doivent s'adresser à certaines femmes, donnant " un bon argument " pour les exclure des listes. Ma conclusion, il vous faut des femmes jeunes.

Mais au fait, est-ce un "bon argument" ?

Dans vos propos, je comprends que l'adjectif " ménopausée" revêt une connotation très négative, effrayante, et peut-être même diabolique.

Monsieur Karoutchi, estimez-vous que les femmes de votre âge, ménopausées, sont à jeter à la poubelle mais pas les hommes puisque vous avez postulé à la tête de liste UMP sur votre région ?
Si tel est le cas, cela m'amènerait à penser qu'à âge égal, vous considérez les femmes comme inférieures aux hommes, ce que je n'ose imaginer.

Monsieur Karoutchi, pensez-vous que la ménopause implique une incapacité des femmes à réfléchir ou prendre des responsabilités politiques, ce que je n'ose imaginer vu votre niveau culturel.

Monsieur Karoutchi, la ménopause étant un phénomène naturel, pensez-vous qu'elle doive mener à exclure les femmes des instances décisionnaires politiques ou économiques de notre pays ?
Eu égard à votre fonction d'ambassadeur représentant la France à l'OCDE, je n'ose y penser.

Arlette Zilberg, responsable féministe.

vendredi 27 novembre 2009

des bébés à la consigne ?

Le monde de la Petite Enfance est en ébullition : des psychologues aux auxiliaires de puériculture, en passant par les professeurs des écoles, un vent de mécontentement souffle.
Mardi 17 novembre, la soirée débat organisée salle Jean Dame par le collectif " Pas de bébés à la consigne" a fait salle comble (250 personnes). Des professionnel-les des différents secteurs ont débattu des enjeux pour la qualité des modes d'accueil et la scolarisation des jeunes enfants.
Si la France est parmi les 1ers pays en Europe en accueillant presque 100% des enfants de 3 ans en maternelle, ce n'est pas le cas pour les plus petits :
1/3 des moins de 3 ans bénéficient d'une structure d'accueil. Il manque aujourd'hui 500 000 places pour les accueillir, équivalent à 5 milliards par an, soit, 1.3 % de notre PIB !

L'évolution des textes et lois inquiète les professionnel-les :

depuis 2004, les entreprises de crèches, à but lucratif, prennent leur envol avec pour conséquence une gestion déshumanisée et technocratique des structures ( inscription par internet, gestion du personnel sans tenir compte des besoins des enfants, augmentation du personnel non qualifié) . L'exemple le plus frappant : A Aix en Provence, 24 structures municipales ont atterri dans l'escarcelle de l'entreprise "Les Chaperons Rouges" par le biais d'une délégation de service public. Autre exemple : la création de jardins d'éveil qui permettent de diminuer le nombre de personnel qualifié encadrant les enfants.

Ce 17 novembre, les professionnel-les ont souligné la régression des textes concernant la qualité de l'accueil des enfants: le décret d'août 2000 avait permis d'ouvrir les structures d'accueil à toutes les familles et notamment à celles en difficultés sociales et aux enfants porteurs de handicaps. Or ce décret, porteur de valeurs humanistes est mis à mal.
Augmentation des taux d'encadrement des enfants ( en crèche et chez les assistantes maternelles), déqualification des professionnel-les, suppression de postes d'enseignants).

Les psychologues le clament : l'enfant se construit dans les milieux qu'il fréquente.

Les économistes abondent dans un sens : un service public gratuit de la petite Enfance est un investissement social pour lutter contre les inégalités, inégalités entre les enfants, inégalités entre les hommes et les femmes. Sans structures d'accueil de qualité, les femmes quittent le marché du travail avec toutes les conséquences sur leurs carrières professionnelles, leurs retraites et finalement leur autonomie. Or, le coût des inégalités renforcées entre les enfants, le coût des aides aux familles pour les gardes d'enfants, et aux femmes en situation de pauvreté est extrème.
Conclusion : l'Etat a tout intérêt financièrement à investir dans l'accueil de qualité de la petite Enfance !!!
Force est donc de constater que si l'argument financier tombe, reste les choix idéologiques d'un gouvernement dont les valeurs humanistes se réduisent à une simple question de communication.
Le Collectif Pas de bébés à la consigne ! prévoit donc d'amplifier la mobilisation et appelle professionnel-les et parents à une manifestation le 5 décembre à 14h30 à l'Opéra.