dimanche 3 juillet 2011

Rencontres féministes d'Evry, pari gagné !

Lorsque Caroline de Haas, présidente de la jeune association Osez Le Féminisme, m'a dit l'an passé vouloir organiser une université d'été des féministes,

j'étais restée perplexe.

Et pourtant ...



L'année écoulée en a vu des victoires :
- reconduction des subventions au Planning Familial
- loi contre les violences faites aux femmes passée au Parlement
- pleins feux sur les inégalités salariales et professionnelles ... et sur les retraites des femmes
- réouverture du centre IVG de l'hôpital Tenon

Sans oublier le succès de l'anniversaire des 40 ans du MLF, qui a marqué la transmission des réflexions et des luttes aux jeunes générations féministes.

Décidément, elles en veulent
Les mois ont passé, la dynamique a continué.
Pas une semaine sans entendre parler des activistes féministes.
Je me souviens de Nadia Chaabane, notre amie franco-tunisienne, écrivant :
" on ne demande pas la lune, on veut juste l'égalité".

Alors ce vendredi soir, je n'ai pas manqué l'Assemblée extraordinaire Générale d'OLF.
Dans une ambiance chargée d'émotions, Caroline de Haas, remet le flambeau du porte-parolat d'OLF à Julie Muret, Thalia Breton et Magalie de Haas.

Puis vinrent les derniers préparatifs des rencontres féministes d'été d'Evry : distribution du livret d'organisation aux militantes, dernières infos . Tout semble prêt, le moindre incident possible anticipé et réfléchi. Chacun-e a pris sa part de responsabilités pour réussir l'événement. L'enthousiasme est au rendez-vous, et ce ne sont pas les rebondissements de l'affaire DSK qui les arrêteront malgré le harcèlement des médias à ce sujet.
Le programme est chargé : 30 ateliers, 2 plénières. Il y a 490 inscriptions, et 44 associations dont le Planning Familial et la Fédération Nationale Solidarité Femmes participent à ces rencontres. L'intendance suit : repas au Restaurant Universitaire , hébergements militants ou à l'hôtel. Pas question d'être déficitaire.




Samedi matin, sur le campus, accueil nickel. Une quarantaine de militantes sont chargées d'aider à l'installation des stands, d'accueillir, d'orienter et de règler les problèmes. Je suis littéralement scotchée par la sérénité qui règne.

2012 approche,
les féministes s'invitent dans la campagne
Tout le monde a la volonté de faire en sorte que l'égalité femmes/hommes soit un thème incontournable et prioritaire de cette campagne électorale. Pour une partie d'entre nous, nous nous sommes déjà rencontrées sur le terrain, avons partagé ensemble nombre de luttes. Face à l'inertie des partis politiques sur le sujet, nous avons la volonté d'avancer ensemble. Les femmes représentent 53% de la population, nous ne l'oublions pas.
Un texte de base est distribué avec 9 propositions.
Nous n'attendrons pas plus longtemps.
L'égalité, nous la voulons maintenant
.
Alors même si les débats sont parfois difficiles, chacun-e semble trouver sa place.
600 personnes participent aux ateliers. Des militantes me confient : " je suis contente, j'ai appris plein de choses ".

La politique autrement
La diversité des ateliers couvre largement le champ des questionnements féministes : précarité, contraception, viol, éducation, services publics, sexualités, travailleuses migrantes, violences, lesbophobie, parité, laïcité, autonomie, Europe, international, inégalités salariales, système prostitueur ...
La parole circule, l'écoute est respectée.
Des rencontres entre les responsables des ateliers et des associations, permettent d'avancer sur le texte de base et les propositions pour 2012.
Décidément, les partis politiques feraient bien de prendre exemple sur les féministes pour faire de la politique autrement !
En attendant, les féministes, déterminées, avancent sur leurs propositions. Le sourire est sur tous les visages.

Un moment historique ?
A la plénière de clôture, ce sont 10 propositions pour que l'égalité soit au coeur des programmes des candidat-es. Dix propositions acclamées, portées par les associations féministes, bien décidées à ne plus s'en laisser compter.

samedi 18 juin 2011

Hulot-Joly-Stoll-Lhome-Hulot-Joly-Hulot

Nous sommes à J-310 de l'élection présidentielle.
La primaire de l'écologie
bat son plein.
Un événement qui allie débats politiques et surenchère médiatique, société du spectacle oblige.
Après 3 semaines de campagne interne, et alors que les votes ont commencé, il est temps de faire le point.

Quelques mots sur les candidatures d'Henri Stoll et Stéphane Lhome : des personnalités qui entendent faire valoir leurs expériences et apporter leurs contributions au débat. Mais si l'on s'en tient aux retours, ces candidats ne franchiront pas le cap qui leur permet d'espérer porter l'espoir des écologistes au-delà de cette primaire.

Reste donc Nicolas Hulot et Eva Joly.

Eva Joly, portée par son magnifique parcours et son courage. Eva dont la personnalité a contribué au succès de nos listes aux élections européennes. Eva qui s'est impliquée dans la construction du parti Europe-Ecologie - Les Verts. Eva qui fait campagne depuis bientôt un an, pour gagner cette primaire des écologistes.

Nicolas Hulot,
" l'enfant terrible "
des écologistes, l'une des personnalités préférées des français-es, au parcours mêlant succès médiatiques et liens avec des intérêts commerciaux. Un passé disqualifiant pour certain-es mais sur lequel il s'est longuement expliqué. Un passé dont Nicolas s'est affranchi avant de déclarer sa candidature à la primaire de l'écologie, il y a 2 mois.

Dans la mesure où chacun-e des candidat-es portera le même programme, le choix entre Eva et Nicolas ne peut se faire que sur la manière de faire campagne.

Qui est à même de faire le meilleur score lors du premier tour des présidentielles ?

Au fil des débats, des différences sont apparues :
Eva Joly porte " une écologie de combat", adopte un ton accusateur, parfois culpabilisateur, égrène les catastrophes écologiques venues et à venir, pointe les injustices sociales avec compassion, les scandales financiers avec réprobation, décrit un monde manichéen, partagé entre les gentils et les méchants, entre oppresseurs et opprimés.
Nicolas Hulot pointe la complexité du monde, en appelle à une écologie d'ouverture et de construction, veut convaincre par la pédagogie de la modernité des idées de l'écologie politique. Modernité des modèles concernant l'économie, la finance, l’agriculture, l'énergie, la démocratie.
Il porte une " écologie créative et pragmatique".

Au fil des débats, j'ai eu le sentiment que les discours d'Eva Joly se rapprochaient de ceux de Jean-Luc Mélenchon, et ne permettraient pas de convaincre, au-delà de notre électorat habituel.

Quant à Nicolas Hulot, il s'est révélé être en capacité de faire en sorte qu' une majorité culturelle écologiste émerge dans notre société.
C'est le défi que nous devons relever si nous voulons recueillir l'adhésion de nos concitoyen-nes. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi d'apporter mon soutien à Nicolas Hulot...

Résultats le 29 juin.

dimanche 12 juin 2011

Salauds de vieux !

" Quand je serai vieux, je s'rai insupportable ..."
chantait Jacques Brel.


Le vieillissement n'était pas qualifié de risque.
Seulement le cours normal de la vie.


La roue tourne, inexorablement, même si l'espérance de vie augmente, à notre plus grand soulagement.
Mais pas au plus grand soulagement du gouvernement français qui nous prépare pour cet été, un projet de loi ciblant les personnes âgées, trop coûteuses à la société !

Poser un regard bienveillant sur tous les temps de la vie.
A force de débats publiques et d'annonces médiatiques, voilà que la vieillesse devient "un risque de dépendance".

L'aide à l'autonomie se transforme en dépendance des personnes âgées.
L'univers des personnes âgées est réduite à un coût insupportable pour notre société.

Et le débat est recentré sur la question du financement de la dépendance des personnes âgées.

Pour le gouvernement, il est temps de budgétiser la solidarité intergénérationnelle en fonction du Produit Intérieur Brut ( PIB). Passe à la trappe, le Développement Humain ( DH), auquel l'ONU fait référence en matière économique.

PIB contre Développement Humain
Si le PIB nous donne une indication sur la production économique par habitant, le DH, Développement Humain, permet d'évaluer le niveau de développement des sociétés en fonction de l'espérance de vie, du niveau d'éducation et du niveau de vie par habitant. D'où l'écart pour un même pays, entre son classement selon le PIB ou selon le DH.
Prenons l'exemple de la Norvège et de l'Inde :
- La Norvège, au 25ème rang selon son PIB, est bonne première au classement du DH
- L'Inde, au 11ème rang selon son PIB, se retrouve au 134ème rang au classement du DH.

Pour évaluer le Développement Humain, l'ONU utilise des indicateurs statistiques dont l'Indicateur de Développement Humain ( IDH) . Un autre indicateur statistique, dérivé de l'IDH, est apparu ces dernières années : le GDI, qui tient compte des différences de vie entre les hommes et les femmes.

Plus fort encore, le GDI ( Gender-related Development Index)
Pour affiner la mesure du Développement Humain, le GDI tient compte des disparités de situations de vie entre les femmes et les hommes ( éducation, hygiène, accès aux soins ... ) . Ainsi apparaissent les obstacles liés au sexe et qui entravent le développement de nos sociétés.
Or, si l'on tient compte du fait que la majorité des personnes aidantes ( famille ou professionnelles ) sont des femmes, et que l'espérance de vie des femmes est plus grande, on s'aperçoit que les propositions du gouvernement pourraient bien conduire à une régression du statut des femmes dans notre société française.
Dans un article précédent, j'écrivais que l'autonomie de nos aîné-es, ne devait pas se faire au détriment de l'autonomie des femmes. Or, si le gouvernement compte sur les solidarités familiales pour se décharger de la solidarité nationale, c'est bien sur les femmes qu'il se déchargerait.
La résultante serait catastrophique pour l'emploi des femmes.
La résultante serait dramatique pour la marche vers l'égalité entre les hommes et les femmes.
L'indice de Développement Humain de notre pays chuterait du même coup.

Dépendance des personnes âgées ou aide à l'autonomie ?
S'il n'est pas question de gommer l'entourage affectif de nos aînées, la prise en charge de certains soins relève de professionnel-les qualifié-es.
Si la plupart d'entre nous souhaitons un maintien à domicile pour nos vieux jours, il y a des orientations de politiques publiques à prendre :
- prioriser l'aide à l'autonomie
- développer dans l'éducation des filières professionnelles d'aide à la personne
- créer des emplois qualifiés et pérennes dans le secteur de l'économie sociale et solidaire.
- développer les possibilités de soins à domicile pour le corps médical et paramédical concernant les personnes âgées.
Cette liste n'est pas exhaustive, et il nous faut faire preuve d'imagination, si nous ne voulons pas que notre société sombre dans la régression ou la barbarie.

Un défi auquel la modernité doit faire face.


Jacques Brel La La La english subtitles par lightning49